Hier matin, un participant à la manifestation à Pau ( grosse mobilisation) m'a interpellé sur l'offensive du groupe Euralis sur la question du mais OGM. A chaud, cette actualité m'inspire quatre commmentaires.
1.Le groupe Euralis ( 8 000 adhérents et 150 000 hectares) annonce l'exploitation de 2 000 à 7 000 hectares de maïs OGM en 2007 contre 80 aujourd'hui. C'est une annonce brutale, une offensive illustrant la volonté du groupe d'un véritable passage en force. Veut-il profiter d'un contexte qu'il juge plus favorable ( criminalisation des actions anti-OGM, flou juridique accentué par un débat électoral ne donnant pas à voir clairement, à l'exception de la candidate de la gauche populaire et antilibérale, les positions des uns et des autres) ?
2.Dans le domaine alimentaire, ne laissons pas les géants mondiaux de l’agroalimentaire contrôler les semences mondiales, notamment en interdisant la brevetabilité du vivant. La production d’OGM en pleins champs doit faire l’objet d’un moratoire pour permettre un débat public et la maîtrise citoyenne des enjeux d’une alimentation saine de qualité pour tous. La recherche publique doit se poursuivre pleinement, dans des conditions définies par les citoyens et sous des protocoles de contrôle strict.
3.En survolant le Béarn – comme cela m'arrrive avec mes déplacements à Paris-, on constate qu'il peut à terme devenir un immense champ de maïs...c'est déjà en grande partie la réalité. Je crois que nous devons avoir l'objectif d’une agriculture sûre et de qualité, productive et non productiviste, rémunératrice du travail ( le PCF organise chaque année des opérations de sensibilisation en mettant directement en contact producteurs et consommateurs), diversifiée, respectueuse des hommes et de l’environnement. Cet objectif demande des moyens spécifiques permettant le renouvellement des générations en agriculture et l’installation de jeunes dans les exploitations à taille humaine, réparties sur l’ensemble du territoire.
4.Enfin, La question des OGM ne se réglera pas devant les tribunaux. Elle doit faire, enfin, l’objet d’un grand débat public. La condamnation de José Bové est un signe de très mauvaise santé pour notre démocratie. Alors que la France aurait besoin d'un grand débat citoyen sur la question des OGM et de la sécurité sanitaire, cette condamnation revient à trancher dans un tribunal ce qui relève de la démocratie.
Le débat de la présidentielle et des législatives sera-t-il utile à cela. Marie-George Buffet, les candidates et candidats de la gauche populaire en Pyrénées-atlantiques, porteront publiquement cette exigence au plus près de la population.