par Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, conseiller délégué à la jeunesse à Pau. .
L'éducation est un sujet sérieux qui mérite un débat de qualité, sans raccourcis, sans polémique stérile.
A qui fera-ton sérieusement croire que la question à traiter concernant l'école est d'abord celle du remplacement des enseignants en grève pour la défense du service public d'éducation ? Par le service minimum d'accueil (SMA), N.Sarkozy a tenté de faire oublier l'essentiel, à savoir les régressions, d'une ampleur considérable, engagées par le Gouvernement et le ministre Darcos en matière éducative, de la maternelle à l'enseignement supérieur. Ce sont les fondements même de l'école publique qui sont remis en cause à la fois par des suppressions d'emplois massives et par des réformes autoritaires, sans la moindre concertation avec les enseignants, les syndicats, les associations, les élus locaux.
Concernant l'école maternelle, Xavier Darcos a présenté très clairement sa vision lors d'une intervention au sénat, le 3 juillet dernier : « est-ce qu'il est vraiment logique (...) que nous fassions passer des concours à bac plus cinq à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ». On touche ici l'un des points essentiels du débat sur le SMA. Avec ce dispositif, l'Etat fait appel aux municipalités pour organiser une confusion entre la notion d'accueil et les missions d'éducation et de scolarisation. Il faut s'y opposer énergiquement : l'école n'est pas une garderie !!!
A Pau, le 7 octobre dernier, la mise en place de ce service d'accueil n'a pas conduit un nombre sensiblement différent de famille à envoyer leur enfant à l'école. Les parents y voient clair et savent bien que le droit d'accueil mérite mieux qu'une opération dirigée contre les enseignants. Lors de la campagne présidentielle, N.Sarkozy avait pris l'engagement d'un droit d'accueil opposable du jeune enfant d'ici 2012. Allons-y !!! Pour garantir ce droit, il faudrait créer 350 000 places en crèche dans les 5 ans. Si 340 milliards d'euros peuvent être mobilisés pour sauver le système bancaire, on peut donc trouver les 2 milliards nécessaire à la mise en place rapide d'un grand service public pour la petite enfance. Depuis cette rentrée scolaire, la ville de Pau a décidé d'ouvrir les activités de l'interclasse du soir à tous les enfants dont les parents le souhaitent. La nouvelle municipalité propose un soir par semaine pour les enfants des classes de CM1 et de CM2 des activités de sensibilisation aux différentes formes artistiques. Enfin, les familles les plus modestes reçoivent une aide financière plus importante pour les tickets de cantine. Voilà des mesures concrètes mais l'effort ne peut pas peser uniquement sur les communes dans un contexte de désengagements accéléré de l'Etat.
Pour la première fois, un ministre de l'éducation nationale annonce 6000 suppressions de postes en école primaire alors qu'elle accueillera 20 000 élèves de plus à la rentrée prochaine. La disparition de 3 000 postes de spécialistes de la difficulté scolaire conduirait à priver plus de 150 000 élèves d'aides effectuées dans le cadre des RASED. Ce sont des territoire entiers dans lesquels le réseau d'aide spécialisées ne pourra plus intervenir. A Pau, les postes RASED, c'est 4 psychologues, 4 rééducateurs avec un poste vacant et 8 maîtres d'adaptations.
Voilà les vrais questions.
Comme si la coupe n'était pas déjà pleine, le SMA à l'école constitue une attaque frontale contre l'exercice du droit de grève. Cette loi attribue une nouvelle charge aux communes qui ne sont pas censées assumer les conséquences de l'échec du dialogue social mené par l'Etat qui refuse d'ouvrir de véritables négociations sur les évolutions nécessaires du système éducatif.
Après tout cela, il reste un seul argument : « c'est la loi, nous sommes dans l'obligation de l'appliquer ».Avant la journée du 7 octobre, c'était la position de la ville de Paris. Après en avoir fait le bilan, le SMA n'y sera plus appliqué. Tout simplement, parce que c'est inapplicable. La circulaire du 4 septembre sensée préciser les modalités de mise en oeuvre de ce dispositif ne cadre rien, elle ne permet pas aux communes d'organiser ce service dans des conditions compatible avec l'impératif de sécurité des enfants accueillis. Ce constat est partagé par de très nombreuses collectivités, ainsi que par les associations nationales de maires. Les premières décisions des tribunaux administratifs donnent raison aux communes qui ont refusé le SMA. Il faut résister et marquer des points : la réforme de la DSU ne sera pas imposée en 2009. C.Boutin, dont le projet de loi sur le logement creusera les inégalités sociales et territoriales, a cependant dû reculer sur la modification de la loi SRU.
Toutes ces questions pourraient faire l'objet d'une table-ronde locale associant l'ensemble des acteurs. Il y a un mot qui, au final, fait le lien entre tous les éléments du débat sur le SMA : Solidarité. Aujourd'hui, cette valeur est très durement attaquée. Ne nous laissons pas faire. Cela va demander, à tous les niveaux, que les forces progressistes élèvent le niveau de résistance et construisent ensemble des réponses à la hauteur des enjeux et des majorités politiques pour les mettre en oeuvre.

Nous connaissions la volonté du gouvernement : un passage en force, le 13 mai à l'Assemblée nationale, pour imposer sa version du projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés (OGM). Alors que la discussion parlementaire lors de la première lecture avait suscité – déjà par le dépôt d'un amendement du député communiste du Puy-de-Dôme – un débat de qualité posant clairement les enjeux, le Gouvernement voulait en finir une bonne fois pour toute en accélérant, sans vote solennel, l'adoption du texte par les députés.