vendredi 18 avril 2008

l'enjeu du prochain congrès du PCF : le projet politique.

De nouveau, les élections du printemps 2008 ont été marquées par la persistance de l'attente d'un changement. De nouveau, les électrices et les électeurs ont exprimé leur insatisfaction en sanctionnant la droite, largement victorieuse il y a moins d'un an, ou en s'abstenant. Dans ces conditions, comme l'indiquait la résolution du Conseil national du PCF des 29 et 30 mars 2008, « aucune force politique n'a de rente de situation », « les Français jugeront à chaque élection de l'offre politique, de l'offre de projet qui leurs seront présentées, c'est cela qui d'abord les déterminera ».

Depuis dix mois, si la nature et le niveau de la riposte au sarkozysme ne sont pas à la hauteur, c'est essentiellement du fait de l'absence à gauche d'un projet d'avenir clairement identifiable, d’un projet de transformation progressiste de la société. Cette absence contribue, à gauche, à la prépondérance de l'idée qu'il faut s'adapter au capitalisme,elle a facilité le brouillage des repères et des valeurs, tout comme les débauchages ou tentatives de recomposition au centre.

Les choses bougent. Aujourd'hui, avec l’expérience des rassemblements construits autour des projets municipaux, nous mesurons encore mieux que la question du contenu du projet politique à opposer à la droite ne peut être remise à plus tard. C'est la question cruciale de la période qui s'ouvre.

Ce dont les femmes et les hommes de gauche ont besoin pour se rassembler, c'est d'une perspective crédible de transformation sociale, d’une perspective à vocation majoritaire et d'une nouvelle manière de faire de la politique.

Existe-il dans notre peuple des idées pour une telle ambition ? Oui, et les communistes sont de ceux qui en ont.

De quelle portée peut être dans ces conditions le fait pour notre parti élabore son projet politique et le mette dans le débat ?

N’est-ce pas se mettre en situation de pouvoir dire de façon claire et synthétique ce, qu’à son avis, notre peuple a besoin de vouloir ? Quels sont les objectifs sur lesquels notre peuple a besoin de se rassembler majoritairement ? Ce pourquoi il vaut la peine de mobiliser avec ténacité et imagination son énergie, son intelligence afin de battre un adversaire puissant qui ne fera aucun cadeau ; afin de déjouer les embûches de toutes sortes qui ne manqueront pas de survenir ?

Élaborer ce projet politique, n’est-ce pas dire quelles sont, de notre point de vue, les mesures « incontournables », autrement dit nécessaires à prendre, des mesures représentant de vrais progrès, à la hauteur des problèmes et des possibilités d’aujourd’hui et sans lesquelles rien ne peut vraiment et durablement changer dans le bon sens ?

Élaborer ce projet, n’est-ce pas se doter d’un outil indispensable pour faire se lever le débat sur ce que la gauche doit proposer et réaliser ? Pour parvenir à ce que ce débat devienne un débat populaire dont nul à gauche ne puisse s’abstraire ? Pour travailler à transformer le rapport des forces tant au sein de la gauche que dans le pays entre les idées d’acceptation de la domination capitaliste et celles de lutte pour faire reculer cette domination et s’en dégager ?

Élaborer ce projet, n’est-ce pas proposer un ensemble de transformations réalisables dans les années à venir ? Des transformations cohérentes, non pas parce que l’une ne pourrait pas aller sans toutes les autres, mais en ce sens que chacune représenterait une conquête aidant à aller plus loin, à mesure que notre peuple l’aurait décidé et serait parvenu à l’imposer.

Élaborer ce projet, n’est-ce pas dire à quelles conditions il serait possible à notre peuple d’œuvrer à bâtir son avenir en étant pleinement dans l’Europe et dans le monde d’aujourd’hui ? Et, par là même, à contribuer, pour la part qui peut lui revenir, à ce que changent cette Europe et ce monde ?

Pour le parti communiste, élaborer son projet, n’est-ce pas aider notre peuple à ne se dissimuler ni l’adversité, ni les moyens réels dont il peut se doter pour contrer celle-ci et avancer ? N’est-ce pas, par conséquent, une condition de l’efficacité de l’activité militante communiste individuelle et collective.

jeudi 20 septembre 2007

« Ne rien changer, ce serait renoncer »

Gauche . Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, revient sur la réunion du Collectif Ripostes et le débat

sur l’avenir de la gauche. Selon lui, pour reconstruire l’espérance, les communistes devront innover.






Mardi, s’est tenue la réunion du Collectif Ripostes proposée par Marie-George Buffet lors du débat de la gauche à la Fête de l’Humanité. Êtes-vous satisfait de la déclaration commune adoptée ? La montagne n’accouche-t-elle pas d’une souris ?

Olivier Dartigolles. Avec cette déclaration commune, la décision de se revoir dès vendredi pour continuer à travailler, nous sommes sortis d’une situation qui devenait insupportable. Quatre mois après l’élection de Nicolas Sarkozy, la gauche était incapable de se mettre autour d’une table pour réagir. Chaque jour de plus devenait un jour de trop. Au regard de cette situation, la réunion de mardi, le jour même où le président de la République annonce ses intentions pour mettre à bas le système social français, est importante. C’est une réussite à mettre au compte de ce qui s’est passé à la Fête de l’Humanité, où s’est exprimée l’exigence très forte que la gauche dégage une perspective. Marie-George Buffet en a fait aussi, dès sa rentrée politique, l’axe fort de ses discours, illustrant la détermination du Parti communiste. Et je pense que les 40 organisations, qui sont à l’initiative de la journée d’action du 29 septembre contre les franchises médicales, jugeront très utile que les forces de gauche disent ensemble : « Nous en serons. » Comme les organisations de jeunesse avaient estimé très positives les prises de position de la gauche contre le CPE. Il y a beaucoup de travail devant nous, mais l’événement de cette semaine, à gauche, c’est que ce travail démarre.

Même si vous considérez que la renaissance du Collectif Ripostes est une bonne nouvelle, cela n’épuise pas le travail sur l’avenir de la gauche. La crise est profonde et le débat de la Fête de l’Humanité a montré que les divergences restent fortes ?

Olivier Dartigolles. C’est vrai, bien que l’attitude, combative ou non, qu’il convient d’adopter face à la politique de Sarkozy fasse partie intégrante du débat. Nous n’opposons pas la nécessité de la riposte à la confrontation qui doit se mener sur les projets alternatifs à cette politique et aux débats sur l’avenir de nos formations et des constructions politiques à venir. Nous pensons qu’une gauche qui renoncerait à faire reculer l’emprise des marchés financiers, ou à changer la nature des pouvoirs à tous les niveaux de la société, n’a pas d’avenir. Mais il ne suffit pas de le clamer. Nous-mêmes avons beaucoup à travailler sur notre propre projet. Si nous avons décidé un congrès, c’est bien parce que nous avons conscience que les questions sont très lourdes, et qu’elles nous concernent directement.

Si ce débat porte aussi sur l’avenir du communisme et du Parti communiste, cet avenir, vous le voyez comment ?

Olivier Dartigolles. Ce dont je suis sûr, ce pour quoi je milite, c’est qu’il peut y avoir un avenir pour le communisme et les communistes. On peut avoir des doutes, des tâtonnements, il ne faut pas les craindre : nous nous posons des questions dans une situation difficile. Des opinions s’expriment mais rien n’est tranché, et les communistes n’ont pas à se ranger derrière telle ou telle option. Nous devons répondre à plusieurs types de questions. Quel est le projet des communistes ? Ils veulent changer la société, oui mais en quoi et comment, qu’est-ce qui est possible ? Il faut reconstruire une espérance mais nous n’avons pas tout à réinventer. Nous avons déjà beaucoup travaillé. Nous avons de bonnes propositions, d’avenir, nouvelles, mais leur cohérence entre elles, le sens qu’elles donnent à notre volonté de changer la société et le monde n’apparaît pas aux yeux de notre peuple. Et quand la droite, avec Nicolas Sarkozy, élève le niveau de sa bataille sur les idées, nous paraissons désarmés. __ La question de l’existence du Parti communiste lui-même est posée et certains parlent de nouveau parti…__

Olivier Dartigolles. Bon courage à celui qui dit aujourd’hui : voilà la solution. Mais selon moi, il faut des ruptures. Penser qu’on va pouvoir continuer comme avant, sans rien changer, ce serait renoncer. Nous sommes en retard sur la droite, sur les libéraux, pour organiser la bataille politique. La gauche a besoin de lieux d’échange, de passerelles, de dialogue pour organiser, dans la riposte politique à Nicolas Sarkozy, le combat pour une alternative, pour travailler à une dynamique à vocation majoritaire. Pour moi, il n’existe pas de solution écrite d’avance. Il faut ouvrir un processus et que le congrès extraordinaire envoie un message fort : le Parti communiste français est disponible pour y participer. En s’y engageant pleinement, il se transformera pour rendre efficace son combat émancipateur. Si c’est de cela que nous discutons, si c’est à cela que nous travaillons, nous serons attractifs.

À ce propos, un portait de vous, paru dans le Monde vendredi dernier, vous a présenté en rivalité avec Marie-George Buffet en suggérant que, si rien ne bouge au PCF, vous pourriez adopter une position de combat ?

Olivier Dartigolles. Ce qui est vrai dans ce portrait – ce n’est pas un entretien –, c’est que je suis, avec les communistes, dans un état d’esprit combatif pour aller au bout du débat. Mais cela n’a rien à voir avec une quelconque rivalité avec Marie-George Buffet. Bien au contraire ! Parce que, comme elle, je pense que nous avons besoin d’un débat de fond et sans esquive. Elle a appelé chacune et chacun à s’exprimer, et elle a raison. Après la Fête de l’Humanité, notre direction est placée devant une grande responsabilité. Il faut que le débat ait lieu avec tout le sérieux nécessaire pour avancer. Comment ? Avec l’ensemble des communistes, dans un climat fraternel où chacun peut s’exprimer tranquillement sans crainte d’être montré du doigt et étiqueté. C’est dans cet état d’esprit que je travaille.

Entretien réalisé par

Olivier Mayer

vendredi 26 janvier 2007

Etats Généraux du logement.

Les troisièmes États généraux du logement se déroule­ront à Bobigny le 3 février. Les luttes ont contraint le gouvernement à déposer un projet de loi sur le droit opposable. Si l’on en restait à une déclaration de principe, cela n’apporterait aucune solution à la grande majorité des Français, confrontée à la pénurie de logements sociaux, à la cherté des loyers et aux diffi­cultés grandissantes pour accéder à la propriété. Il s’agit de poursuivre la mobilisation pour obtenir la construction d’au moins 120 000 logements vraiment sociaux c’est-à-dire des logements de qualité avec des loyers abordables. Il faut également un plan d’urgence avec réquisition des logements vacants, développement de petites structures pour les personnes ayant besoin d’un accompagnement sanitaire social et psychologique renforcé, interdiction des expulsions, des coupures d’eau et d’électricité. logement.jpgPour mettre fin à une politique visant à faire du logement une marchandise et obtenir qu’avoir un « chez soi » devienne un droit, sur ce sujet comme sur d’autres, notre pays a besoin d’une gauche courageuse qui se dotera des outils et des moyens financiers pour que le droit au logement soit enfin effectif. Dès 2004, notre camarade Bernard Birsinger avait, avec les États généraux du logement, mis à la disposition de toutes celles et tous ceux qui le souhaitaient un espace d’échange pour construire des solutions novatrices. C’est ainsi qu’est née l’exigence d’un service public national et décentralisé du logement et de l’habitat. Le 3 février, à Bobigny, nous invitons à venir enrichir cette réflexion et à construire ensemble les actions à amplifier pour imposer le droit au logement pour tous et partout. Dans un contexte de crise aussi douloureux pour des millions de gens, nous avons une responsabilité particulière à contribuer au développement de l’action. Avec ces 3èmes États généraux, nous ouvrons un espace national de dialogue et de prise d’initiatives à tous les acteurs qui le souhaiteront. De premières idées sont en débat : des mardis du logement ont été initiés dans plusieurs départements, comment leur donner un rayonne­ment national ? Comment faire du 15 mars une journée nationale pour l’abolition des expulsions ?…

UN SERVICE PUBLIC DU LOGEMENT, NATIONAL ET DÉCENTRALISÉ Construire 120 000 logements sociaux par an, de haute qualité environnementale, à loyer modéré, jusqu’à satisfaction des besoins. Un plan d’urgence avec réquisition des logements vacants. L’augmentation des petites structures pour les sans-logis bénéficiant d’un accompagnement sanitaire, social et psychologique renforcé. Une Sécurité sociale du logement dès le premier logement avec une garantie du risque locatif pour l’accès et le maintien dans un logement décent. Revaloriser les aides au logement, faire baisser le coût du logement, le limiter à 20% des revenus du foyer. Faire appliquer la loi SRU avec 20% de logements vraiment sociaux dans toutes les communes. Les maires horsla- loi deviennent inéligibles. Mettre en oeuvre le « droit au logement décent opposable » à l’État. Revenir à un budget logement égal à 2% du PIB, à une aide à la pierre. Supprimer les cadeaux fiscaux aux plus riches qui louent à des loyers inaccessibles ! Mobiliser le système de financement de l’argent public collecté pour le logement social (Livret A, Caisse des Dépôts et des Consignations, etc.). Retrouver le taux du 1% logement. Taxer la spéculation foncière et immobilière.

INTERDIRE LES EXPULSIONS Le 15 mars de chaque année, c’est la fin de la trêve des expulsions. Des milliers de famille perdent leur logement pour une seule faute : la pauvreté. Je propose l’interdiction immédiate des expulsions et la fin des coupures d’eau et d’électricité.