De nouveau, les élections du printemps 2008 ont été marquées par la persistance de l'attente d'un changement. De nouveau, les électrices et les électeurs ont exprimé leur insatisfaction en sanctionnant la droite, largement victorieuse il y a moins d'un an, ou en s'abstenant. Dans ces conditions, comme l'indiquait la résolution du Conseil national du PCF des 29 et 30 mars 2008, « aucune force politique n'a de rente de situation », « les Français jugeront à chaque élection de l'offre politique, de l'offre de projet qui leurs seront présentées, c'est cela qui d'abord les déterminera ».
Depuis dix mois, si la nature et le niveau de la riposte au sarkozysme ne sont pas à la hauteur, c'est essentiellement du fait de l'absence à gauche d'un projet d'avenir clairement identifiable, d’un projet de transformation progressiste de la société. Cette absence contribue, à gauche, à la prépondérance de l'idée qu'il faut s'adapter au capitalisme,elle a facilité le brouillage des repères et des valeurs, tout comme les débauchages ou tentatives de recomposition au centre.
Les choses bougent. Aujourd'hui, avec l’expérience des rassemblements construits autour des projets municipaux, nous mesurons encore mieux que la question du contenu du projet politique à opposer à la droite ne peut être remise à plus tard. C'est la question cruciale de la période qui s'ouvre.
Ce dont les femmes et les hommes de gauche ont besoin pour se rassembler, c'est d'une perspective crédible de transformation sociale, d’une perspective à vocation majoritaire et d'une nouvelle manière de faire de la politique.
Existe-il dans notre peuple des idées pour une telle ambition ? Oui, et les communistes sont de ceux qui en ont.
De quelle portée peut être dans ces conditions le fait pour notre parti élabore son projet politique et le mette dans le débat ?
N’est-ce pas se mettre en situation de pouvoir dire de façon claire et synthétique ce, qu’à son avis, notre peuple a besoin de vouloir ? Quels sont les objectifs sur lesquels notre peuple a besoin de se rassembler majoritairement ? Ce pourquoi il vaut la peine de mobiliser avec ténacité et imagination son énergie, son intelligence afin de battre un adversaire puissant qui ne fera aucun cadeau ; afin de déjouer les embûches de toutes sortes qui ne manqueront pas de survenir ?
Élaborer ce projet politique, n’est-ce pas dire quelles sont, de notre point de vue, les mesures « incontournables », autrement dit nécessaires à prendre, des mesures représentant de vrais progrès, à la hauteur des problèmes et des possibilités d’aujourd’hui et sans lesquelles rien ne peut vraiment et durablement changer dans le bon sens ?
Élaborer ce projet, n’est-ce pas se doter d’un outil indispensable pour faire se lever le débat sur ce que la gauche doit proposer et réaliser ? Pour parvenir à ce que ce débat devienne un débat populaire dont nul à gauche ne puisse s’abstraire ? Pour travailler à transformer le rapport des forces tant au sein de la gauche que dans le pays entre les idées d’acceptation de la domination capitaliste et celles de lutte pour faire reculer cette domination et s’en dégager ?
Élaborer ce projet, n’est-ce pas proposer un ensemble de transformations réalisables dans les années à venir ? Des transformations cohérentes, non pas parce que l’une ne pourrait pas aller sans toutes les autres, mais en ce sens que chacune représenterait une conquête aidant à aller plus loin, à mesure que notre peuple l’aurait décidé et serait parvenu à l’imposer.
Élaborer ce projet, n’est-ce pas dire à quelles conditions il serait possible à notre peuple d’œuvrer à bâtir son avenir en étant pleinement dans l’Europe et dans le monde d’aujourd’hui ? Et, par là même, à contribuer, pour la part qui peut lui revenir, à ce que changent cette Europe et ce monde ?
Pour le parti communiste, élaborer son projet, n’est-ce pas aider notre peuple à ne se dissimuler ni l’adversité, ni les moyens réels dont il peut se doter pour contrer celle-ci et avancer ? N’est-ce pas, par conséquent, une condition de l’efficacité de l’activité militante communiste individuelle et collective.
Pour mettre fin à une politique visant à faire du logement une marchandise et obtenir qu’avoir un « chez soi » devienne un droit, sur ce sujet comme sur d’autres, notre pays a besoin d’une gauche courageuse qui se dotera des outils et des moyens financiers pour que le droit au logement soit enfin effectif.
Dès 2004, notre camarade Bernard Birsinger avait, avec les États généraux du logement, mis à la disposition de toutes celles et tous ceux qui le souhaitaient un espace d’échange pour construire des solutions novatrices. C’est ainsi qu’est née l’exigence d’un service public national et décentralisé du logement et de l’habitat.
Le 3 février, à Bobigny, nous invitons à venir enrichir cette réflexion et à construire ensemble les actions à amplifier pour imposer le droit au logement pour tous et partout. Dans un contexte de crise aussi douloureux pour des millions de gens, nous avons une responsabilité particulière à contribuer au développement de l’action. Avec ces 3èmes États généraux, nous ouvrons un espace national de dialogue et de prise d’initiatives à tous les acteurs qui le souhaiteront. De premières idées sont en débat : des mardis du logement ont été initiés dans plusieurs départements, comment leur donner un rayonnement national ? Comment faire du 15 mars une journée nationale pour l’abolition des expulsions ?…